samedi 17 novembre 2012

Blast - Larcenet

Cette lecture fait suite à celle du Combat Ordinaire. Les deux histoires n'ont rien à voir sauf qu'elles se déroulent ici et maintenant.

j'ai lu les deux premiers volets, "Grasse Carcasse" et "L'Apocalypse selon Saint Jacky" aux éditions Dargaud. Il en existe un troisième : La tête la première.


L'histoire : Polza, ou Souviens toi des préceptes de Lénine, après des années sans voir son père, le retrouve mourant sur un lit d'hôpital. Fuyant cette momie agonisante, Il se retrouve à boire et à manger des barres chocolatées quand il est victime d'une hallucination, le Blast. Il n'aura de cesse de rechercher cette sensation qu'il pense retrouver en quittant la modernité, comme un ascète en méditation. A la fin de ses pérégrinations, accusé du meurtre d'une femme, il se retrouve à raconter son histoire à deux inspecteurs.

Blast traite d'un thème très humain qui est celui de la reconstruction ( recon-destruction ? ) suite à la perte d'un ( ou des, ici ) proches et de la culpabilité. Enfin à mes yeux ce sont les thèmes principaux de l'histoire même si l'ensemble est enveloppé dans une couche de polar noir, très noir.
D'ailleurs tout le dessin est en noir et blanc, à l'encre de chine je présume.

A travers les propos du clochard qu'est devenu Polza, anciennement un écrivain gastronomique, alcoolique et obèse, fils d'un chauffeur routier Italien, il est possible de retrouver l'esprit du Combat Ordinaire, ce regard sur l'humanité si acerbe, appuyé, réfléchi mais sans malveillance. Car les personnages principaux de Larcenet s'auto-mutilent, souffrent d'angoisses abominables mais l'horreur ultime est distribuée aux  personnages secondaires.

Mon avis : Heureusement qu'il s'agit d'un roman graphique et pas d'un texte. Je crois que ce serait imbouffable de noirceur. La qualité essentielle, outre le scénario consistant, est cette capacité qu'a eu le dessinateur à faire passer de l'émotion à travers le regard, les attitudes de ses personnages dont les traits sans être particulièrement réalistes sont d'une rare expression. De grandes planches sans texte ponctuent le roman, le dessin suffit à lui même. La fin est surprenante car une donnée vient s'introduire en cours d'histoire et je me suis dit " Ouf", tout n'est pas tout noir quand même.

Aussi j'aimerais savoir pourquoi Larcenet dessine de tels pifs à ces personnages. Celui du père est particulièrement troublant, représenté comme un bec de Héron d'après Polza, j'y voyais plutôt la lame de la Faux.

quelques bulles :

Comment ne pas se haïr quand vers huit ans on réalise qu'on partage la condition des ustensiles de cuisine ?

La vérité est plus facile à dire qu'à entendre.

 Et comme il ya une belle référence aux Red Hot, je ne vais pas me priver !

6 commentaires:

  1. Belle analyse ! j'ai trouvé cette bédé fascinante. J'ai lu dans "Les ignorants" de Davodeau, qu'un auteur de bédés (je ne sais plus lequel) dit qu'il fait des becs à ses personnages car il ne sait pas faire les nez... ;o) Bon, ce n'est pas le cas de Larcenet !

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    1. Les nez en effet, mystère !
      Mais en effet, il sait les dessiner.

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  2. J'ai lu Combat Ordinaire et le Retour à la Terre. Ton article me pousse à trouver Blast, que je lorgne depuis un moment mais pas encore lu.

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    1. Et bé moi je vais chercher le retour à la Terre !

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    2. Ça va te changer de Blast, elle est super drôle cette série. ;)

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    3. tant mieux parce que je ne lis que des trucs déprimants en ce moment, j'ai besoin d'air

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