mardi 1 janvier 2013

Le Duc de La Paix - Annie Tillier

Ce roman est le premier livre de " Puissance et Gloire des Princes de Bourgogne" d'Annie Tillier dans lequel il est question de Philippe le Hardi ( 1342 - 1404 ), encore appelé Philippe II de Bourgogne.

Classé comme roman historique, il est forcément romancé dans le sens fictif puisque malgré les œuvres retrouvées et les actes qui nous sont parvenus des personnages historiques, il n'est guère possible que d'imaginer quels ont été leur propos et plus intimes encore, leurs pensées. En ce sens ce livre est un roman mais en aucun cas il n'est romantique, même si l'auteure met en valeur la relation de Philippe le Hardi et de sa femme, Marguerite de Flandre, ou romanesque à proprement parlé alors même qu'un chapitre complet est réservé aux croisades.
En somme, le ton est plutôt celui d'un documentaire  ou d'une biographie dans lequel les tenants et les aboutissants sont explicités par les protagonistes eux-mêmes à travers de brefs dialogues. Pour rapporter la vie d'un homme qui a été le quatrième fils d'un roi ( Jean II le bon ), l'oncle de  Charles V   le Sage et le grand-oncle de Charles VI le Fol, un chevalier prestigieux - il doit son titre de Hardi pour ses faits durant la bataille de Poitiers après laquelle il sera avec son père Jean II le Bon captif en Angleterre - , un conseiller, un mécène, en seulement 180 pages, il faut du rythme. Du rythme donc, car l'Histoire du Royaume de France est à une période charnière avec une couronne assez fraîchement parvenue aux Valois en 1328, une branche cadette des capétiens,  et évidemment très rapidement contestée par le fameux Edouard III Roi d' Angleterre petit-fils de Philippe le Bel  - le dernier roi capétien en lignée aînée - ( vous suivez toujours ? ) et par des princes français comme Charles de Navarre dit le Mauvais. Nous sommes donc vous l'avez compris en pleine Guerre de  100 ans. Et en pleine épidémie de peste. Avec les ottomans aux portes de la Hongrie. Autant vous dire que c'est Rock'n'Roll cette période.


Pour le remercier de son courage à la bataille de Poitiers, Jean II le Bon, va offrir  le duché et le Comté de Bourgogne à ce valeureux quatrième fils, dit Philippe sans Terre, devenu le Hardi après la sus-cité bataille, lorsque tous deux seront revenus de captivité,  coïncidant avec la mort du jeune Duc de Bourgogne de l'époque, Philippe de Rouvres, des suites de la peste. C'est là que l'épopée du Duc, Sire de Fleurs de Lys, Philippe le Hardi débute.
Bien sûr nous connaissons la fin : il meurt en 1404 mais entre-temps Annie Tillier nous fait découvrir de façon sobre mais explicite comment ce visionnaire a insufflé une nouvelle façon de concevoir la gestion pacifique et éclairée ( un petit frisson de Renaissance ? ) d'un pays - dans le sens pagus - mais aussi apporte une description de la pensée éminemment chrétienne de l'époque tout en abattant les quelques préjugés que je pouvais avoir sur cette période.  J'ai aussi apprécié l'insertion des illustrations, l'organisation en courts chapitres et la mise en page en paragraphes clairs.

Ce roman sobre mais efficace m'a été communiqué par les Editions Persée via Livraddict dont je remercie pour l'un l'initiative et l'autre l'organisation.





2 commentaires:

  1. Sympa ta chronique, je vois que l'on a apprécié à peu prés la même chose :)
    moi aussi, j'ai été surprise par le côté mécène de ce Hardi, mais c'est vrai qu' a coté de la Flandres et des artistes flamands, il y avait à matière à s’intéresser aux Arts :)))

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    1. j'ai lu ta chronique aussi et c'est vrai qu'elle est dans le même ton que celle-ci et que celle de Cesnat. Etonnant en effet, j'avoue que je ne m'attendais pas à ça pour cette période.

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