mercredi 9 novembre 2011

Hypérion - Dan Simmons

Le temps passe mais certainement pas lentement. Il court, il vole et je le survole. Bien que j'ai l'impression d'être occupé, l'espace-temps semble se remplir en creux.
Bref, (oups), quand je pense espace-temps, j'en arrive forcément à la Science-Fiction. Il y avait si longtemps. Une année lumière ? non ? En fait depuis que j'ai lu les vieux de la vieille et que je suis rentrée, ou presque, dans leur grotte ( vieille meuf quoi ): K Dick, Frank Herbert, Arthur C Clarke,  Andrevon, Bradbury, Van Vogt, Isaac Asimov ( tiens je me remémore mon émotion à l'annonce de son décès ) et bien sûr Jules Verne ( ma grand-mère avait d'ailleurs l'intégrale toute belle reliée pfff ), j'avais eu l'impression d'avoir fait le tour du genre. c'est l'esprit parvenu. je l'ai fait, j'ai lu les meilleurs, j'ai l'esprit au complet. Que nenni, c'était sans compter sur Dan Simmons. Ce n'est pas très vieux, Hypérion date des années 80. Ce livre touche merveilleusement bien le religieux, d'une manière tellement troublante. J'ai eu néanmoins un peu de mal avec le style, un peu comme Asimov ou Andrevon.

C'est la Science-Fiction de la pure, de la dure. la Terre n'existe plus, l'Humanité s'est déversée dans l'univers, et reproduit avec brio  ce qu'elle sait si bien faire :  pomper jusqu'à la moëlle, abuser, détruire. L'Hégémonie suce tout sur son passage, tout particulièrement les ressources naturelles. Tout d'abord une planète est conquise, les êtres doués d'intelligence, fût -il humain, détruit ou soumis, la planète colonisée grâce à l'installation de porte distrans par les navigants desquelles arriveront les compagnies pétrolières et les touristes, éventuellement. Cela ne vous chante rien ? Mais voilà sur Hypérion, qui ne s'est pas développée car les champs magnétiques ne sont pas fiables, se déroule régulièrement le pélerinage de l' Eglise Gritchèque. Ce sera le dernier car les Extros, humains évolués, sont sur le point de l'acquérir alors même que les tombeaux du temps vont  s'ouvrir. Que vont-ils révélés ? Qui sont les Extros qui savent résister au marée anentropiques ? Et que manigance les IA, devenues indépendante de la pensée humaine mais qui cultivent la nostalgie de la Terre au point de la reproduire à l'identique ?

L'action se déroule pendant le dernier pélerinage, et nous avons le récit de chacun des élus. Seul un survivra au Gritch selon la légende. Comment ont-ils été choisi, qu'est ce qui les relient à Hypérion et au Gritch ?

C'est intéressant car les récits se présentent comme autant de nouvelles. Donc si une histoire ne convient pas, le lecteur sait que de toute façon une autre aventure va être déclarée.
enfin, bien sûr il faut que je mette un mot ( car il faut rendre à César gnagnagna ) sur le fait que Simmons a été inspiré du poème de John Keats, Hypérion, une épopée.

mardi 6 septembre 2011

Loup Blanc - David Gemmel

Un grand auteur de Fantasy que je n'avais pas encore lu.
J'avais cet exemplaire dans ma bibliothèque offert par M Mante il y a un moment déjà.

Il s'agit du dernier volume de la saga Drenaï. Tout ce lit indépendamment
 je présume puisque rien a manqué à une bonne compréhension du roman.
La prose ne présente aucune complexité, c'est très fluide, en plus je suis une fan inconditionnelle des bouquins avec des flashback dans le passé. Néanmoins je me souviens du "sortilège de la dague" de Katherine Kerr où l'effet en rendait l'accès plus complexe voire labyrinthique. De fait je n'ai pas lu la suite, il faut dire qu'elle ne devait pas être encore sortie à l'époque. Bon encore des livres qui vont investir la maison. Banzaï !!

Concernant " Loup Blanc", je crois bien que c'est le premier roman guerrier que j'aborde. Habituellement il s'agit plutôt  de quête de guerrier-mage. Ah quoiqu'il y a la saga d' Emouchet de Eddings, la trilogie des Joyaux suivie de la trilogie des périls ( qui ne m'a pas inspirée des longueurs des longueurs pffff ). Enfin en matière de guerrier, Emouchet c'est le de roupis de sansonnet à côté de Skilgannon le Damné.

Skilgannon, après s'être rendu coupable du massacre d'une cité entière sous la gouverne de sa bien-aimée reine, veut se racheter une conscience. Il devient Frère Lantern. Mais le jour où les villageois veulent massacrer les moines sur l'autel des boucs-émissaires, son sang guerrier ne fait qu'un tour, zigouillis à droite éventration à gauche, et hop, fini la béatitude. Notre guerrier-moine doit se trouver une nouvelle quête : ressuciter sa femme ( qui n'est pas la reine, parce qu'une reine digne de ce nom n'épouse pas un général mais une autre noble pour étendre son pouvoir ). Il y a ensuite un cross-over avec un autre personnage de David Gemmel, Druss la Légende, qui lui consacre un roman éponyme plus en amont dans la saga. La quête de Druss va devenir celle Skilgannon.
 Bon je n'en écris pas plus sinon je vais tout raconter.

J'ai vraiment aimé le travail de flashback, la participation des autres personnages, les états d'âme du guerrier qui devient, hélas, sympathique.

Je n'ai pas aimé le passage par le temple. Les trucs tornicoti-tornicoton, je suis guéri, j'ai du mal, c'est tombé dans la facilité. Ouaip le héros qui meurt et qui y est ressucité, je préfère. C'est d'ailleurs comme ça que j'avais laissé choir le fameux Seigneur des Anneaux, quand le Hobbit Frodon invoque Tom Bombabil - séquence qui n'apparaît pas dans le fim d'ailleurs - pour lui venir en aide. trop facile, Ma Magot.
Il y aurait pu avoir une suite mais vu Gemmel est décédé, je ne crois pas qu'elle existe.

jeudi 1 septembre 2011

Les yeux jaunes des crocodiles - Katherine Pancol

Qui n'a pas lu ce livre ? Alors ? Qui ? Haaaaaaaannn. Il ne faut pas se cacher. L'avantage avec un livre, c'est qu'il y a toujours moyen de rattraper son retard.
C'est ce que j'ai fait en vacances. C'était vraiment divertissant, touchant parfois. Néanmoins j'ai bien failli lâcher le morceau avant les 100 premières pages, et c'est bien parce que je n'avais rien d'autre  à lire sous la tente que j'ai tenu le coup. Puis j'ai accroché et j'ai voulu connaître, soir après soir, la suite des évènements ( il est possible d'écrire événement maintenant ).
En fait il n'y a que des personnages, des caractères plutôt, des personnalités, des tronches quoi : chef d'entreprise, avocat d'affaire, chercheur au CNRS, éleveur de crocodile, deux mystères. Et trois opportunistes.
Le style est très fluide, rien de compliqué et quand l'ennuie menace de s'installer, l'intrigue rebondit toujours, un roman bien mené.
Les clichés ont fait grincé ma dentition tout de même je dois l'écrire. Sommes nous, nous mesdames, tant intéressées que ça, que l'auteure a choisi trois femmes qui "profitent" de la situation de leur conjoint-amant. Une secrétaire qui souhaite s'extirper de la misère, ou ne pas y retourner, une vieille garce fielleuse qui a épousé un "patron" pour s'en sortir ( encore ! ), une fumiste qui trompe son monde à deux reprises. Mesdames, les vilaines dans ce roman ce sont les  nanas. Et je ne peux pas taire le fait que si vous êtes une salariée, ne serait ce que du prestigieux CNRS, vous ne serez qu'une misérable salariée. Bref une ambiance d'un autre univers qui se dégage de ce bouquin. Il y a aussi une gamine charmante, tout sucre, et une futée à laquelle j'aurais bien retourné une paire de claques.
Et puis la démesure, toujours, qui passe par le succès dithyrambique, par l'exhibition médiatique, la richesse a l'extrême de personnage mystérieux mais tellement royal.Bref, un peu pour moi. Les délires, je les préfère dans la
fantasy.
J'ai aussi trouvé dommage que le rythme du livre change à la fin, dans les 70 dernières pages, il s'accélère, perd de sa valse lente ( euh non c'est le prochain épisode ça ), il faut finir vite, ca presse.
Bon, mais à lire quand même, hein. J'ai la suite dans ma bibliothèque, c'est pour l'été prochain.

samedi 20 août 2011

Lorelei Maurice Genevoix

En voilà un titre étrange pour un livre au charme désuet.
L'intrigue, si je puis écrire, se déroule avant la première guerre mondiale.
Des français de Chasseneuil, que je présume être en Berry, près de Chateauroux, partent en voyage en Allemagne à Offenbach, entre Mannheim et Frankfurt am Main. Ils visitent différents endroits dont des ginguettes, forcément, et Heidelberg où il est possible de découvrir le fantastique Château des princes palatins.

Heidelberg, le Vieux Pont sur le Neckar
Pourquoi j'en discute ? tout simplement parce que j'y suis passée cet été, et que j'ai vécu une semaine là où se déploie le roman. amusant, non ? Ce n'est pas fait exprès, quoi que, car je me suis aperçu que j'avais dû lire le livre il y a fort longtemps alors le sentier de philosophe, le vieux pont sur le Neckar, ca me parle.

Le Neckar, Neckargemûnd

Il en ressort un sentiment de nostalgie, une espèce de langueur estivale, une sehnsucht qui n'est pas s'en rappeler ce qui ressort des romans de JMG Le Clézio. C'est un roman psychologique sur la fin de la jeunesse, l'entrée dans l'âge adulte sur fond de fraternité bien virile, parfois homosexuelle, le narrateur ne dira t il pas à la fin que son ami allemand le traitait comme une fille ?,  et d'amour de grands ados. J'ai souri un moment en pensant qu'il s'agissait de l'auberge espagnol version petit bourgeois.
Plus sérieusement, il est aussi question de la guerre, nous sommes en 1905 en pleine crise de Tanger, et Genevoix y fait référence plusieurs fois.
Le roman pourrait avoir des longueurs si il n'était pas si court, un peu moins de 240 pages, très différent du si célèbre Raboliot ( prix Goncourt 1925 !) même si la description des paysages cadres avec le reste de son oeuvre, il s'agit tout autant d'un texte régionaliste que réaliste. Il a été publié en 1978, Maurice Genevoix est décédé en 1980. Par chez nous, il n'y a pas une commune à qui il manque une rue Maurice Genevoix, un square, une école, un bâtiment d'utilité publique.

Chevalier Palatin



lundi 18 juillet 2011

Et la folie ? de Stephen King à .. Gilles Leroy en passant par...

Cela fait un moment que j'avais envie d'écrire cet article. Lire la folie ça fiche la chair de poule mais quand je l'ai croisée pour de vrai, c'est autrement plus désarmant. Et pourtant. Comment lui coller une définition. Une définition de gens comme moi, pas de spécialiste, il y a wikipédia pour ça.
La folie je dirais que c'est un changement de caractère qui fait que la personne connue n'est plus reconnaissable, Qu'elle tombe dans un extrême de ces traits de caractère.

Par exemple, dans "Shining" de Stephen King, le personnage du père perd la tête au point de vouloir massacrer tout le monde dans son hôtel perdu. Extrême, non ?
et puis dans Simetierre, le médecin qui va enterrer son fils dans un lieu maléfique qui fait revenir les morts pas tout à fait comme le vivant, et qui va récidiver. Extrême comme comportement pour un médecin. Sauver la vie coûte que coûte et même un peu plus. Brrrrrrrrrrrr.


Il y a des folies plus insidieuses comme cet homme qui torture un petit garçon pour qu'il apprenne à voler dans M Vertigo de Paul Auster.  Pour pas grand chose à l'arrivée. Là, là-bas, qui me dit que ce n'est pas de la folie, mais si mais si. Certes le petiot volera mais seulement jusqu'à ce que son entre-jambe le trahisse et son mentor ne périsse d'un cancer.
Bon tout cela c'est de la fiction. Agréable à lire, faisant frissonner mais nous savons tous que rien n'existe, même si réalité et fantaisie sont étroitement  et savamment entremélées.
La folie qui fait peur, enfin qui me fait peur, ce n'est pas celle-là. Ce n'est pas celle des gens hurlant enfermés ( enfin si mais juste avant ). C'est celle dont il n'est pas possible de savoir si elle est bien là ou pas. Dans "la tête contre les murs" de Hervé Bazin ( j'ai ouvert le bouquin par hasard et j'ai su que je le lirais jusqu'au bout rien qu'en ayant entr'aperçu la première phrase : "Un craquement mou" ) , j'ai ressenti un malaise intense sur le sort fait au héros. Fils de magistrat, suite à un énième incident, Arthur est interné pour éviter à son père le désaveu de ses... pairs. Il faut être droit de père en fils. 
Cette situation semble poser moins de problèmes aux Etats-Unis, dans l' "Alabama Song" de Gilles Leroy, la femme de l'écrivain, internée en France, folle ou déviante, instable sûrement à ne pas vouloir supporter une étiquette pré-encollée.
Néanmoins, je les ai trouvée liés cet Arthur de fiction et Zelda de l'entre-deux-mondes réalité-fiction. Zelda romancée qui affirme ne jamais avoir cuisiné pour sa fille, et Arthur qui trouve le moyen de fuir son épouse. Fuir la réalité, fuir l'internement fuir mais où fuir. Nous atterrirons toujours entre quatre murs.

mardi 12 juillet 2011

Le temps s'écoule

Le temps s'écoule, et j'ai l'impression de lui courir après.
Une bien mauvaise pirouette pour que vous vouliez bien m'excuser de ne pas avoir produit d'articles depuis deux mois et demi. D'ailleurs je remarque que je ne suis pas la seule. Le blog nature lui avance bien, il y a tellement à voir et à montrer ! En matière de littérature aussi, mais il est bien difficile de mener les deux de fronts, au moins hors de la saison de diapause. Et j'attends un objectif macro. En plus une autre activité va sans doute venir ralentir ma vie de blogeuse mais je ne peux pas en dire plus. J'ai fait tellement de projet dans ma vie que j'ai peur de tout faire tomber  à l'eau si je dévoile le petit dernier. Et non pour les copines je ne fais pas le quatrième, voilà je suis trop vieille maintenant un point c'est tout !

Sinon Pique Gratte et Grogne grandissent bien, Pique marche enfin, il galope même, Grogne s'est enfin mis à lire autre chose que des BD, et Gratte va entrer dans l'univers des lettres à la rentrée.
Côté lecture, je me divertis en ce moment en finissant la saga de Robin Hobb, l'Assassin Royal. Vous aimez la Fantasy ? Il faut lire l' Assassin Royal, c'est presque vital. Alors je l'avais commencer il y a deux ans déjà. J'avais engouffré les six premiers volumes d'une traite.  L'Histoire ? Un enfant, bâtard, fils d'un prétendant au trône de Castelcerf va devenir assassin royal et plus. Difficile de raconter sans tout dévoilé, il va être torturé, il va mourir et ressuciter, il est doué de magie, il va aider son oncle à sauver le monde, à sa femme à monter sur le trône, et même à concevoir l'héritier et va devenir le dernier Loinvoyant vivant sur Terre pendant quelque temps. Tout ça sur fond de prophécie annoncée par un prophète blanc.
La première partie de la saga se termine au sixième volume, puis une espèce d'intermédiaire a été écrit, septième et huitième volume, dans lesquels nous allons savoir si le Fitz va retourner vivre à la cour. La réponse vous la devinez, sinon il n'y aurait pas de suite. Je viens donc de débuter le dixième volume.

samedi 30 avril 2011

Servitude - Eric Bourgier et Fabrice David

Si je devais présenter une BD avec un graphisme d'exception, ce serait l'épopée "Servitude" de Eric Bourgier et Fabrice David. Une histoire de Roi trahi, de frère jaloux et incestueux, de guerriers oubliés resurgissant du passé et de dragons comme dans l' "Assassin Royal" de Robin Hobb. Colorisation sépia, des décors et des armures fignolés style encre de Chine. La première de couverture parle d'elle-même;



C'est beau, hein ? Même en y passant une vie, je ne saurais jamais dessiné comme ça. Ni autrement d'ailleurs.
Par contre, je ne sais pas si le tome 3 est prévu, le premier étant sorti en 2006, le deux en 2008. Alors ? j'espère , c'est croooooooo bon.