212 pages chez Fleuve Noir, 1997.
Aux premières pages de ce bouquin, j'ai tremblé : ayez du Planet Opera super Hard SF. Et bien non pas du tout. Un bon livre dans le style avec un bon scénario bien ficelé et des psychologies de personnages bien travaillées. De la technologie d'une part, de l'organique de l'autre, un pont entre les deux. Deux Robinsons que tout sépare, l'un planétaire et dogmatique, l'autre aérien et augmenté vont devoir survivre avec l'aide de créature bionique sapiente sur une planète saccagée. Les genres s'opposent à plusieurs niveaux : des humains primitivistes aux demi-dieux modeleurs de monde que sont les Yuweh, plusieurs facettes de la diversité culturelle des hommes et de leurs capacités d'adaptation sont exploitées par l'auteur mais aussi en filigrane le thème ô combien philosophique de l'existence de la conscience chez des êtres artificiels, sur arrière-plan de complot à la dimension de l'univers.
Et en prime l'écriture est très fluide.
Voilà qui clôt ma participation à livra'deux pour pal'addict, une agréable façon de se tenir à la réduction de sa pal.
dimanche 31 mars 2013
dimanche 17 mars 2013
Le Silence du Bourreau - François Bizot
Pour cette chronique je vais vous présenter un texte mi-témoignage mi-essai mais qui ne fait pas de demi-mesure dans l'introspection. L'essai constitue la première partie du livre, et la deuxième retranscrit une partie du procès de Douch, le chef militaire des Khmers Rouges dont les leaders ont fait éradiqué 20 % de la population cambodgienne sous le régime de Polpot. Le Portail, écrit en 2000- relate déjà pour l'essentiel l'enlèvement et l'incarcération de François Bizot en 1971. Alors pourquoi ce deuxième livre serait-on tenté de demander : Quelques années après l'écriture du Portail, Douch, le bourreau de Tuol Sleng est retrouvé, incarcéré et
jugé.
j'ai repris contact avec Douch dès son arrestation.
Ce nouveau texte présente très précisément la relation de transfert qui s'est produite entre l'auteur et son bourreau et soulève la question fatidique : qu'est ce qui peut faire qu'un homme puisse commettre le pire ? En effet grâce à ce qui semble être une question de rivalité dans une hiérarchie triangulaire, et bien que tout semble le désigner comme un traître à la cause Khmer, Bizot sera libéré et pourra fuir en Thaïlande car Douch va s'opposer à ce qu'il soit exécuté. Les cambodgiens qui assistaient F. Bizot dans ses travaux ont eux été mis à mort. Néanmoins, comme le découvrira Bizot, en 1988, lors d'une visite d'un camp d'incarcération à Phnom Penh devenu musée, Douch participera aux meurtres de plusieurs dizaines de milliers de cambodgiens.
La biographie de Douch ne pourrait plus être que celle "du bourreau de Tuol Sleng " alors qu'il m'avait fait voir à moi autre chose de lui-même.
Je craignais qu'il s'agisse d'un texte difficile à lire du fait de certaines caractéristiques descriptives de ce genre de récit et que je redoutais donc certains contenus épouvantables - qui sont néanmoins sous-jacents, en ellipse - propres aux récits de guerre civile mais l'auteur épargne son lecteur grandement. Son propos n'est pas de l'effrayer mais à l'amener à une réflexion sur cette part de l'autre qui nous meut.
Durant le temps de leur apprentissage et avant d'entrer dans l’age mûr, les garçons formaient la catégorie de ceux qui n'ont pas encore peur. Comme tels, ils devaient s'exercer par la méditation à vaincre l'ennemi censé gésir au fond d'eux sous la forme d'un démon, dans la perspective de leur maturité et d'une sagesse à atteindre.
Il y réussit merveilleusement à travers un style explicatif littéraire d'une qualité indéniable et à l'association d'éléments biographiques de son enfance, des analogies pertinentes qui révèlent une sensibilité profonde et une connaissance aiguë de la nature humaine.
Je ressortis foudroyé d'une expérience qui m'avait fait tomber sur l'effroyable secret, celui que ma mère, comme tout le monde, avais pris l'habitude de garder : ce qui distinguait l'homme des autres, c'était son aptitude naturelle à faire fi de ses émotions.
un appendice et une chronologie tombent à point nommé en fin de livre.
je tiens à remercier Livraddict et Folio pour le partage de cette découverte.
janvier 2013, 279 pages
j'ai repris contact avec Douch dès son arrestation.
Ce nouveau texte présente très précisément la relation de transfert qui s'est produite entre l'auteur et son bourreau et soulève la question fatidique : qu'est ce qui peut faire qu'un homme puisse commettre le pire ? En effet grâce à ce qui semble être une question de rivalité dans une hiérarchie triangulaire, et bien que tout semble le désigner comme un traître à la cause Khmer, Bizot sera libéré et pourra fuir en Thaïlande car Douch va s'opposer à ce qu'il soit exécuté. Les cambodgiens qui assistaient F. Bizot dans ses travaux ont eux été mis à mort. Néanmoins, comme le découvrira Bizot, en 1988, lors d'une visite d'un camp d'incarcération à Phnom Penh devenu musée, Douch participera aux meurtres de plusieurs dizaines de milliers de cambodgiens.
La biographie de Douch ne pourrait plus être que celle "du bourreau de Tuol Sleng " alors qu'il m'avait fait voir à moi autre chose de lui-même.
Je craignais qu'il s'agisse d'un texte difficile à lire du fait de certaines caractéristiques descriptives de ce genre de récit et que je redoutais donc certains contenus épouvantables - qui sont néanmoins sous-jacents, en ellipse - propres aux récits de guerre civile mais l'auteur épargne son lecteur grandement. Son propos n'est pas de l'effrayer mais à l'amener à une réflexion sur cette part de l'autre qui nous meut.
Durant le temps de leur apprentissage et avant d'entrer dans l’age mûr, les garçons formaient la catégorie de ceux qui n'ont pas encore peur. Comme tels, ils devaient s'exercer par la méditation à vaincre l'ennemi censé gésir au fond d'eux sous la forme d'un démon, dans la perspective de leur maturité et d'une sagesse à atteindre.
Il y réussit merveilleusement à travers un style explicatif littéraire d'une qualité indéniable et à l'association d'éléments biographiques de son enfance, des analogies pertinentes qui révèlent une sensibilité profonde et une connaissance aiguë de la nature humaine.
Je ressortis foudroyé d'une expérience qui m'avait fait tomber sur l'effroyable secret, celui que ma mère, comme tout le monde, avais pris l'habitude de garder : ce qui distinguait l'homme des autres, c'était son aptitude naturelle à faire fi de ses émotions.
un appendice et une chronologie tombent à point nommé en fin de livre.
je tiens à remercier Livraddict et Folio pour le partage de cette découverte.
janvier 2013, 279 pages
dimanche 3 mars 2013
Le dieu était dans la lune - Hervé Thiellement
En ce moment je lis de la science-fiction délirante, ce n'est pas genre Hard SF même si il est question par moment de vitesse supra-luminique et de trous de ver mais plutôt,ici, une éloge à la victoire de l'organique sur le minéral.
Gont, le personnage principal du début pour la mise bouche, est un commerçant sur lequel je n'ai pu m'empêcher de mettre la tête de Harrison Ford et de me remémorer la scène de la taverne dans un certain astroport avec des créatures de l'étrange de la très célèbre séquence de la Guerre des Etoiles - génuflexion et flagellation - de la cantina band, enfin donc une très grande diversité d'organismes de formes variées se déballent dans ce roman duquel se dégagent une fraternité palpable ou tentaculable voire plus si affinité. Et si ça ne suffisait pas, il en existe même qui change de forme, une charmante changeling, comme Mala dans Captain Flam ( ouaip mais en mieux plus kaleidoscopé ). De nombreuses curiosités se nichent donc ainsi que des références mêmes pas voilées au détour des phrases.
De quoi est-il question : d'une enquête dans un space-planet opéra dans lequel un esprit organique " Gaude" ( God ? ), cerveau vivant sur une lune ammoniacale va décider d'asseoir sa domination sur des êtres humains en mal de divinité tyrannique et qui va voir d'un très mauvais troisième œil le fait que notre Gont et ses amis puissent se déplacer aussi vite que les anibulles, organismes prophétiques phénoménaux permettant à des vaisseaux spatiaux adoptés par les gigantesques créatures de se déplacer dans l'univers au sein d'une poche ventrale ( des espèces de Navigateurs à la Frank Herbert, mais en vachement plus sympa ).

J'ai beaucoup ri à la description de la psychologie del'enfant-roi Gaude qui mériterait une bonne fessée ce qui d'ailleurs lui arrive d'une certaine façon quoique Gont et sa tribu préfèrent lui confisquer son joujou : elle se contre-fiche de la vie d'autrui, tout en aspirant à la reconnaissance universelle de son ego. ou encore à la description de la caricaturale religion mortifère, au moins le ton est donné, c'est une théocratie même pas parlementaire avec une hiérarchie aussi fanatisée que puissante. Ils ne comprendront que la contrainte par la force.
Mais j'ai grincé des dents en voyant que mes chouchoutes sont encore des simulacres de méchants, non mais oh, les araignées sont nos amies, peace, ce n'est pas parce que elles ont huit pattes qu'elles sont haineuses et haïssables.
Enfin un roman bon enfant pas qu'un peu estudiantin - une connaissance Nathalie Cidouce ? - par l'ambiance, avec plein de petits gadgets sympathiques et toujours bien vivants.
188 pages chez Rivière Blanche. Roman court, non ? bon aller hop challenge JLNN de Lune
Gont, le personnage principal du début pour la mise bouche, est un commerçant sur lequel je n'ai pu m'empêcher de mettre la tête de Harrison Ford et de me remémorer la scène de la taverne dans un certain astroport avec des créatures de l'étrange de la très célèbre séquence de la Guerre des Etoiles - génuflexion et flagellation - de la cantina band, enfin donc une très grande diversité d'organismes de formes variées se déballent dans ce roman duquel se dégagent une fraternité palpable ou tentaculable voire plus si affinité. Et si ça ne suffisait pas, il en existe même qui change de forme, une charmante changeling, comme Mala dans Captain Flam ( ouaip mais en mieux plus kaleidoscopé ). De nombreuses curiosités se nichent donc ainsi que des références mêmes pas voilées au détour des phrases.
De quoi est-il question : d'une enquête dans un space-planet opéra dans lequel un esprit organique " Gaude" ( God ? ), cerveau vivant sur une lune ammoniacale va décider d'asseoir sa domination sur des êtres humains en mal de divinité tyrannique et qui va voir d'un très mauvais troisième œil le fait que notre Gont et ses amis puissent se déplacer aussi vite que les anibulles, organismes prophétiques phénoménaux permettant à des vaisseaux spatiaux adoptés par les gigantesques créatures de se déplacer dans l'univers au sein d'une poche ventrale ( des espèces de Navigateurs à la Frank Herbert, mais en vachement plus sympa ).

J'ai beaucoup ri à la description de la psychologie de
Mais j'ai grincé des dents en voyant que mes chouchoutes sont encore des simulacres de méchants, non mais oh, les araignées sont nos amies, peace, ce n'est pas parce que elles ont huit pattes qu'elles sont haineuses et haïssables.
Enfin un roman bon enfant pas qu'un peu estudiantin - une connaissance Nathalie Cidouce ? - par l'ambiance, avec plein de petits gadgets sympathiques et toujours bien vivants.
188 pages chez Rivière Blanche. Roman court, non ? bon aller hop challenge JLNN de Lune
dimanche 24 février 2013
Superman Red Son - Millar, Johnson, Plumkett
Imaginez une seconde que Kal-el atterrisse en Union Soviétique et non pas pas chez les Kent aux USA. Que L'homme d' Acier devienne une allégorie du communisme. Imaginez que cette délicieuse uchronie soit écrite par des auteurs qui voient là un magnifique outil pour critiquer la Guerre Froide à travers un graphisme typiquement Comics. Alors osons, osons, Superman Red Son. Attention Superman, avec son marteau et sa faucille sur la poitrine, veille, version remixée de Big Brother et de petit père du peuple.
un très bon résumé ici mais beaucoup de l'histoire est dévoilée, vous serez prévenus !
un très bon résumé ici mais beaucoup de l'histoire est dévoilée, vous serez prévenus !
mardi 19 février 2013
Une étoile m'a dit - Fredric Brown
Voici un recueil de nouvelles qui se veulent toutes plus ou moins amusantes, cocasses, assurément décalées dans leur style et elles le sont résolument. Néanmoins j'y trouve une certaine gravité derrière un ton léger comme les épisodes de la série de la quatrième dimension, c'est assez dans ce ton là.
Quelque chose de vert
Anarchie dans le ciel
Tu n'as point tué
Les Myeups
Un coup à la porte
Cauchemar
Mitkey
Tu seras fou
Etant aussi un écrivain de policier, plusieurs nouvelles sont marquées par le style. Un vrai régal. Dans d'autres il n'hésite pas à interpeller le lecteur ou encore à l'embrouiller, fou, pas fou ? Seule la relation homme-femme apparaît maintenant désuète, les problématiques sont tout à fait actuelles ou transposables à notre époque.
Citations :
L'homme est un parasite propre à la Terre qui tolère sa présence et la tolérera encore pendant un bref laps de temps. Il n'existe nulle part ailleurs dans le cosmos, et son séjour ici-bas ne saurait beaucoup se prolonger.
A cette époque, la concurrence en matière de publicité était si grande qu'on ne trouvait presque plus un seul mur nu, un seul lotissement dépourvu de manteau-réclame dans un rayon de plusieurs miles autour des centres urbains. Par suite, les esprits délicats, afin de garder une vision normale de l'existence, se trouvaient contraints de cultiver une surdité et une cécité partielles qui leur permettaient d'ignorer le gros de cette attaque concertée contre leur sens.
lundi 18 février 2013
Livra'deux pour Pàl'addict (3)
Et bien voici une affaire vite conclue : en effet Bebere et moi avons déjà choisi nos livres à explorer dans le cadre de Livra'deux pour pàl'addict.
Il m'a été proposé donc trois titres de mon pilier :
Il m'a été proposé donc trois titres de mon pilier :
* Bilbot le hobbit de JRR Tolkien
* L'Ombre du vent de Carlos Rui Zafon
* Le continent déchiqueté de Laurent Genefort
et j'ai choisi le Genefort :
Bebere a choisi celui-ci :
Nous avons jusqu'au 30 avril pour les lire et les chroniquer.
dimanche 17 février 2013
Challenge Livra'deux pour Pal'addict - les bouquins
Donc voici les bouquins que j'ai choisis pour Bebere,
Aralorn a choisi une vie d'aventures en devenant mercenaire. Mais sa dernière mission s' avère plus périlleuse qu elle l'avait imaginée... Elle doit recueillir des renseignements sur un sorcier dont le pouvoir et la popularité ne cessent de croître. Aidée de son énigmatique compagnon, Loup, elle rejoint la rébellion. Mais dans une lutte contre un adversaire armé du pouvoir de l'illusion, comment savoir quel est le véritable ennemi et comment anticiper sa prochaine attaque ?
Heather Wells, ex-lolita de la pop, ne veut plus être victime de la
mode. Elle se sent très bien en jean. Et sa vie d'avant, elle n'en veut
plus. Elle décroche un job dans une résidence d'étudiants où l'on ne
s'ennuie vraiment pas : deux filles meurent coup sur coup. Heather est
persuadée qu'il s'agit d'un meurtre. Cela tombe bien car Cooper, le
sublime garçon qui l'héberge dans sa sublime maison est détective. Une
nouvelle vie commence pour Heather
26 juillet 2012. À la veille de l'ouverture des Jeux Olympiques de
Londres, Sir Denton Marshall, éminent membre du comité d'organisation,
est retrouvé décapité dans le jardin de sa propriété londonienne.
Sa
tête a été déposée sur le buste d'une statue antique. Sur la pelouse,
près du socle, les cinq anneaux olympiques ont été dessinés à la
bombe...
Un certain Chronos prend alors contact avec Karen Pope, journaliste au Sun. Il revendique le meurtre et en annonce d'autres. Tous ceux qui, à ses yeux, ont dévoyé l'esprit de l'olympisme doivent périr. Aux athlètes dopés, aux organisateurs corrompus, il promet le châtiment.
De fait, agressions, meurtres et attentats se succèdent. L'enquête de Mike Lancer, meilleur élément de l'agence Private Londres se révèle compliquée - et personnelle. Sir Denton n'était autre que son futur beau-père...
Et il n'a pas de temps à perdre, la cérémonie de clôture approche, et avec elle l'apothéose sanglante promise par Chronos...
Aralorn a choisi une vie d'aventures en devenant mercenaire. Mais sa dernière mission s' avère plus périlleuse qu elle l'avait imaginée... Elle doit recueillir des renseignements sur un sorcier dont le pouvoir et la popularité ne cessent de croître. Aidée de son énigmatique compagnon, Loup, elle rejoint la rébellion. Mais dans une lutte contre un adversaire armé du pouvoir de l'illusion, comment savoir quel est le véritable ennemi et comment anticiper sa prochaine attaque ?
Heather Wells, ex-lolita de la pop, ne veut plus être victime de la
mode. Elle se sent très bien en jean. Et sa vie d'avant, elle n'en veut
plus. Elle décroche un job dans une résidence d'étudiants où l'on ne
s'ennuie vraiment pas : deux filles meurent coup sur coup. Heather est
persuadée qu'il s'agit d'un meurtre. Cela tombe bien car Cooper, le
sublime garçon qui l'héberge dans sa sublime maison est détective. Une
nouvelle vie commence pour Heather
26 juillet 2012. À la veille de l'ouverture des Jeux Olympiques de
Londres, Sir Denton Marshall, éminent membre du comité d'organisation,
est retrouvé décapité dans le jardin de sa propriété londonienne.Un certain Chronos prend alors contact avec Karen Pope, journaliste au Sun. Il revendique le meurtre et en annonce d'autres. Tous ceux qui, à ses yeux, ont dévoyé l'esprit de l'olympisme doivent périr. Aux athlètes dopés, aux organisateurs corrompus, il promet le châtiment.
De fait, agressions, meurtres et attentats se succèdent. L'enquête de Mike Lancer, meilleur élément de l'agence Private Londres se révèle compliquée - et personnelle. Sir Denton n'était autre que son futur beau-père...
Et il n'a pas de temps à perdre, la cérémonie de clôture approche, et avec elle l'apothéose sanglante promise par Chronos...
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