dimanche 20 octobre 2013

Le Sablier Vert - Michel Jeury

   Un petit bouquin des plus agréables à lire, ( en haut à gauche sur l'image ), une quête initiatique d'un homme qui vit dans un monde où la technologie disparaît faute d'avoir formé les techniciens et maintenu les connaissances après un accident nucléaire. Ailleurs il n'y a rien, des serpents ou des pilleurs. Mais le pouvoir en place n'en est pas si sûr cependant cette pensée progressiste ne saurait venir de l' Empereur qui serait accusé de républicain.

Alors secrètement il mandate Taël à aller au delà des frontières d'Eristanavec une expédition et  à retrouver le Sablier Vert qui permettrait de changer le monde.
Il est possible de retrouver tous les procédés d'une quête, du dépassement de soi et de la rébellion et d'une manière plus insidieuse des procédés politiques  inavouables. Un bon texte qui convient bien à des ados mais qui ne laisse pas l'adulte insensible.

Le Sablier Vert a été réédité récemment. Pour ma part, je l'ai lu dans la collection " l' âge des étoiles " chez Robert Laffont.
204 pages.1977, couverture de Robert Gigi.


jeudi 22 août 2013

La Maison des Sept Femmes - Leticia Wierzchowski

1835. Dans les états du sud du Brésil, la révolte gronde contre la politique économique de l’empire. Décidés à défendre leurs droits et le produit du travail de leurs terres, les grands propriétaires terriens gauchos entrent en guerre civile contre les impériaux. À leur tête, le général Bento Gonçalvez da Silva. Bien qu’il envisage un conflit court, il prend soin de protéger sa famille en conduisant sa femme, ses sœurs et ses nièces dans l’estancia de la Barra, propriété isolée où elles vont attendre la fin de la guerre. Celle-ci durera dix ans. Dix ans à la poursuite de la liberté pour les esclaves du Rio Grande do Sul et de l’autonomie pour les grandes provinces du Sud.

Pendant ce temps, Manuela, jeune nièce de Bento, raconte l’attente épuisante, les peurs et les espoirs d’un foyer féminin où le temps semble suspendu. Sa vie changera à jamais à l’arrivée de Giuseppe Garibaldi, venu prêter main-forte aux républicains.
Tout à son premier amour, elle ne remarque pas les égarements de sa sœur Rosario, que l’attente fait peu à peu sombrer dans la folie. Comme sa mère et ses tantes, elle vit plus que jamais au rythme de la guerre, sachant pertinemment que leurs vies en seront bouleversées à jamais.

Une fois n'est pas coutume je copie-colle le résumé de la quatrième de couv'. Il est bien écrit n'en dit ni trop ni pas assez, peut être juste ce qui concerne Rosario.

j'ai perçu deux parties dans le roman, un avant Garibaldi et un après. La première partie concerne je dirai plus les  quatre femmes mûres : Dona Antônia, Dona Ana, Dona Maria Manuela et Caetana. La deuxième, elle, met en valeur les filles, Perpetua, Rosario, Manuela et Mariana. Bon ça fait huit vous allez me dire. Dona Antonia est veuve et vit seule dans l' Estancia de Brejo, assez proche de l' Estancia de Barra où les sept autres femmes vont se retrouver. Dans cet univers dichotomique, la guerre d'une part et la fausse quiétude de la maison d'autre part, Garibaldi se présente comme l'événement perturbateur. Et les hommes la-dedans : et bien ils font la guerre. Souffrent et meurent. Tombent amoureux aussi. Font des enfants parfois.

Dans la première partie, l'inquiètude est palpable, l'angoisse de l'arrivée d'un courrier ou d'un estafette annonçant la mort d'un proche constitue la crainte  prégnante dans les deux cents  premières pages. L'auteure a su mettre en valeur cette saisissante inquiètude en nous donnant au compte goutte des nouvelles de la guerre, c'est à dire à travers la maigre correspondance qui informe de l'avancée de la rébellion, l'évolution des combats, la création de la République.

Garibaldi - source wikipédia
A la demande du général Bento Gonçalvez da Silva, Garibaldi, exilé d' Europe, va venir à l' Estancia de Brejo pour y construire les bateaux de la République. Et, comme si les jeunes femmes, qui n'en pouvaient plus de leur vie de recluses, avaient décidé de vivre coûte que coûte, le roman change de rythme à la mesure du mouvement des combats et des blessures de la République.

Bento Gonçalvès da Silva
Du début à la fin, une ambiance poignante règne sur le roman. La sensation que le temps  s'est arrêté avec l'arrivée des femmes à l'Estancia de Barra et que l'attente peut se faire objet, traduire l'ennui des femmes, la tristesse, l'angoisse sans anéantir le lecteur est un très bel exercice, réussi s'il en faut.

L'écriture s'exprime en partie  via un narrateur externe qui décrit les actes et sentiments des différentes protagonistes mais aussi à travers les cahiers de Manuela qui nous apportent des approfondissement sur les réactions des autres femmes en fonction de leur caractère. Une petite touche de fantastique est là pour rappeler qu'il s'agit d'un roman. Le livre reste très historique.

 Dans un premier temps peu de prise de position se font remarquer. Puis peu à peu des explications se font jour afin de faire percevoir au lecteur la complexité du personnage du général Bento  Gonçalvès da Silva et peut être aussi la cause de l'échec de son entreprise.

C'est un beau roman historique que Leticia Wierzchowski nous dévoile, une belle saga familiale avec une certaine froideur - liée peut être  à la dureté des événements - vue du côté des femmes qui m'a permis de découvrir un peu de l'histoire du Brésil et des mœurs de ses habitants. J'ai aussi apprécié les descriptions du climat et des paysages, l'ensemble est bien dosé et j'ai été toute troublée de ces étés de décembre de l'hémisphère sud.

je remercie les éditions Lattès et Livraddict pour cette excellente sélection.










dimanche 11 août 2013

L' Evangile de Jimmy - Didier van Cauwelaert


Jimmy à 32 ans et s'occupe de l'entretien des piscines. Un beau matin, des agents du gouvernement lui annoncent qu'il est le clone du Christ. Comme le personnage ne correspond pas au rôle, il faut le formater. Mais le gouvernement niera toute implication et le Vatican, prudent, va rejeter ce nouveau Sauveur. Que va devenir Jimmy ?

Un roman pour changer, il y avait longtemps. Un roman intéressant rythmé comme une histoire d'espionnage avec intrigues politiques et embrouilles religieuses. Le suspens est assez bien mené, le doute reste complet et utilise le stratagème indémont(r)able : ça marche si l'on y croit d'une part, une tentative d'explication scientifique d'autre part ( une espèce de vitalisme ) pour expliquer les miracles.
L'ensemble reste un roman d'été et son élan me laisse pressentir  un bon filon pour le cinéma.

J'ai particulièrement apprécié la première partie, celle où Jimmy découvre qu'il serait un clone du Christ, qu'il se cherche, qu'il doute, le texte est  plein d'humour avec une ré-interprétation à sa sauce des paroles des Evangiles. Après j'ai plus de mal oui-non, oui-non j'ai été lassée et contente d'arriver au bout.

Je vous rassure le mystère reste complet.


Passage choisi

On doit éviter la peur qui nous fait perdre nos moyens, et garder notre bonne humeur pour remonter le moral autour de nous, car ce ne sont pas les pisse-froid qui nous rendront le sourire.

mardi 25 juin 2013

Les Fleurs de Vénus - Philippe Curval

Un planet-opera qui est surtout une histoire d'amour. l'amour d'une planète végétale ( toute allusion a une rare planète pleine de vie n'est sans doute pas fortuite ), l'amour métissée, l'ensemble
est très romantique.
Bien sur l'étrangeté naît de la planète mais les événements et les personnages pourraient être transposés à n'importe quelle colonisation qui a lieu sur notre planète. Une minorité s'enrichit au détriment d'autres considérés comme des esclaves, certains colons veulent fuir l'enfer, d'autres si adaptent plus ou moins, d'autres encore font la Révolution. ( Les humains vivent sous des dômes pour éviter les poisons nocturnes des fleurs, les autochtones ont été chassés aux confins de la planète ).
Le ton du roman est relativement mélancolique et le travail sur la psychologie des personnages est remarquable, les méchants sont plus complexes les gentils ambigus ( ou l'inverse ) et la maturité atteint chacun des protagonistes avant la fin du roman. la grande transformation se produit simultanément pendant la Révolution en pleine tempête vénusienne, c'est dire.
Le style est celui d'une autre époque : la concordance des temps du passé se fait encore avec l'emploi du subjonctif imparfait, sans être vieillot, le texte révèle une tonalité différente de ce qui se fait actuellement. Et ça fait du bien. Je dirais même que l'auteur emprunte à la littérature classique : une histoire d'amour pendant la Révolution sur fond d'événement tragique avec la totale du drama : enlèvement, empoisonnement sphère du pouvoir versus petits exploitants. c'est assez posé, doux, propré mais tout est là.

Un petit bémol : j'ai commencé à me lasser vers la page 180, je ne dois pas être dans une passe très romantique. Il n'y en a que 251.




La vie n'y était pas dangereuse : les herbes, les fleurs, les animaux semblaient partager un bonheur incomparable en remplissant consciencieusement les rôles attribués aux créatures d'un pays d'utopie : ils paraissaient vivre des moindres variations solaires modulées par les nuages et boire les lourdes pluies qui en tombaient, grasses et bienfaisantes.

dimanche 23 juin 2013

La Suriedad - Estelle Faye

je profite de cette chronique pour signaler que c'est la 100ième de ce blog. Enfin le  100ième message, pas exactement la centième chronique mais je trouvais ça sympa de signaler ce que le compteur google m'indique. on s'en fout ? Ok


Une nouvelle plutôt longue ( oxymore oui je sais ) sur fond marin, une nouvelle qui sent la marée, la moiteur, le mal de mer et la superstition., une histoire de naufragé qui a perdu la mémoire, d'élu qui ne s'est pas découvert, de  bateau passoire, de peuple reclu, de dragon, de dieu déchu et.... d'homosexualité. C'est rondement mené et le texte se lit d'une traite.

Avant l'avènement du Christ, presque tous les peuples du globe avaient leur propre version du dragon. Une sorte de Dieu primordial, une créature fabuleuse et protectrice qui enserrait le monde.

Il s'agit là de la première nouvelle d' Estelle, parue en 2008 en version numérique exclusive chez l' éditeur "les moutons électriques" et je rebondis sur cette transition pour signaler que les moutons seront au Aubenas pour la 40ième convention de SFFF.










samedi 22 juin 2013

L'homme qui dessinait des chats - Michael Marschall Smith

 

Ce soir un petite chronique sur ue nouvelle de M.M. Smith. alors pour ceux qui suivent un peu ce blog ( pourquoi des rires dans la salle ), il n'est pas utile de vous rappeler que j'ai découvert cet auteur dans le cadre sélectif et ô combien huppé du Cercle d'Atuan, (rires dans la salle, encore), je crois même que c'était ma première lecture avec ce club. ici

L'auteur a un style qui lui est propre et j'ai découvert cette nouvelle avec surprise, car j'ai cru que c'était du Stephen king. Non mais vraiment quoi. Même cadre, petite ville paumée du Maine des Etats-Unis, un personnage venu de nul part, des choses étranges qui se produisent, y a t il un clown dans les égoûts, un homme qui dessine sur les trottoirs,une femme maltraitée, un enfant battu, le cadre est posé. et ça se lit très bien

The Man who drew cats, 1988 tiré de l'anthologie More Tomorrow & other Stories